Chaque semaine Harris Interactive interroge un échantillon de plus de 2000 Français. En leur posant une question simple et tout à fait ouverte « qu’avez-vous retenu de la campagne présidentielle cette semaine ? ». Sans rien suggérer. Sans rien proposer. En laissant les personnes que nous interrogeons libres de nous dire et ce qu’elles ont entendu de la campagne présidentielle et ce qu’elles en ont retenu. Vu que l’on peut considérer qu’une élection se gagne déjà par une « hégémonie idéologique et culturelle » (pour paraphraser Gramsci), regardons la manière dont les électeurs parlent de la campagne.
Pour dégager l’essentiel de cette matière riche et spontanée, les réponses sont analysées par Proxem (https://www.proxem.com), pionnier de l’analyse sémantique de données textuelles. Chaque semaine, Proxem y détecte les personnalités et mouvements politiques, les thématiques et événements majeurs, de manière à pouvoir en mesurer la fréquence. Semaine après semaine se dégagent ainsi les grandes tendances de la campagne et les événements singuliers qui ont marqué l’actualité. »
Chaque semaine, nous délivrerons ce qui nous a marqué.

 

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François Fillon reste, encore et toujours, fortement cité. Avec 31% de personnes y référant cette proportion est certes plus faible que la semaine dernière (41%) mais substantiellement plus élevée que pour les autres candidats, notoirement Emmanuel Macron (17%), Benoît  Hamon (7%) voire Marine Le Pen .
S’il est tant question de François Fillon ce n’est pas véritablement pour faire état de son programme ou de ses propositions mais bien pour évoquer « l’acharnement médiatique » ou les « costumes » lui ayant été offerts. On remarque, par ailleurs, que les Français ont été sensibles au feuilleton concernant les 500 parrainages/signatures.
Attachons nous à regarder les réactions concernant François Fillon et Emmanuel Macron

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Les costumes de François Fillon fortement présents…

Comment ses soutiens réagissent-ils ? Déjà en mettant en exergue les médias. En ceci on observe une continuité du discours par rapport à la semaine dernière : la rhétorique des médias « gauchistes » qui s’acharnent.
« Acharnement médiatique contre le candidat » ; « manipulation médiatique » ; « Fillon bashing ».
« Les costumes de Fillon ; On démarre très fort la semaine pas de répit pour le candidat Fillon il fallait mettre un autre pavé dans la mare. Pourquoi cet acharnement, fait-il peur à la gauche ? La semaine prochaine ce sera ses slips de marque offerts par un ami et pourquoi pas ? …c'est vraiment une campagne de caniveau ».
Tout comme l’impression de « laver son linge », que tout va y passer.
« Maintenant les costumes, ensuite ? les chaussettes, les slips et maillots ? honteux tout cela ».
En mineur, on note des sympathisants LR déçus : ceux-ci sont emprunts de lassitude, d’écœurement de l’enchaînement des affaires
« Il me fatigue » ; « ça continue… » ; « Ecœurant » ; « La vierge se transforme en voyou ».
Qui sont ces électeurs ? La majorité des sympathisants LR déçus (ou usant d’une tonalité négative) affirment qu’ils vont voter pour Emmanuel Macron en 2017, davantage que Jean-Marie Le Pen ou encore n’expriment pas d’intention de vote.
Par ailleurs, les sympathisants LR parlent du programme de François Fillon. On le voit dans de nombreuses études, celui-ci apparait comme l’élément structurant des motivations de vote des électeurs. Lorsqu’ils en parlent, ils le mentionnent en bien :
« Les sympathisants LR jugent son programme comme un « bon programme ». « Le meilleur - Tient la route » ; « Le seul programme susceptible de redresser le pays ».

… le programme d’Emmanuel Macron nettement absent

Après les sympathisants d’En Marche, ce sont les sympathisants LR qui en parlent le plus, suivi de ceux PS.

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Alors même qu’il présentait son programme, qu’il en a parlé dans les médias (l’exemple de Quotidien de Yann Barthes est cité à quelques reprises) aucune mesure phare n’est spontanément restituée. Seule l’idée de l’existence d’un programme présenté aux Français filtre.
Même les sympathisants d’En marche ne commentent pas le programme. Si l’on regarde les électeurs déclarant voter pour Emmanuel Macron, ceux-ci se félicitent plutôt du potentiel de victoire de « leur » candidat : « sondages ; Macron bientôt président ». Les sympathisants d’En Marche commentent également les passages média du candidat : « Macron ce soir sur RTL », « Macron à l’émission quotidien », « Macron au 20h de TF1 ». A droite, notamment, on le critique sur ce point :
« Macron !!!! Macron !!!!!!!! ; On le bouffe à toutes les sauces qu'on en a une indigestion, sur une émission d'une heure concernant Fillon 45 minutes sont consacrées à Macron il y a overdose et qu'on vienne pas nous dire que les médias ne le pousse pas comme futur président alors qu'il n'a rien fait en politique avant d'être le chouchou de Hollande »
« Macron débite une leçon de marketing bien apprise qui ne supporte pas d'être interrompu par le journaliste car cet interruption lui ferait perdre le fil de ce discours - que de la démagogie aucun fonds »


Son programme est davantage commenté (mais jamais dans le détail) par les sympathisants LR et PS que par ceux d’En Marche. Certains le soutiennent : « Programme intéressant », « Intéressant » (PS), « Intéressée », « Du bon, du moins bon » (LR). D’autres le fustigent : « Dénigre la politique de la gauche comme de la droite mais a été à l'origine de la politique de F. Hollande » (LR)
On voit donc un faible enthousiasme.
« Macron en tête des sondages ; il vaut mieux lui que Le Pen, mais... », « C'est le candidat le moins pire de tous »
Finalement on parle plus d’Emmanuel Macron comme personnalité que pour son programme.
« Calme et sérénité de Macron », « un candidat qui fait un sans-faute. Impressionnant », « j'ai bien aimé le candidat et la façon concrète dont il répond aux questions qu'on lui pose »

S’il est question du patrimoine et la manière dont il a pu être caricaturé, observons qu’il est aussi question des nouveaux soutiens d’Emmanuel Macron
Les proches d’En marche s’en félicitent : « Delanoë rallie Macron. ; C'est un bon renfort », « Macron plus fédérateur »
Les autres sont soit neutres, soit optent pour un jugement positif :
« Valls en retrait ; Il ne peut soutenir ni Hamon, ni macron, dur dur ... », « les députés socialistes qui rejoignent macron ; Et pourtant il fait tout ce qu'il peut pour ne pas paraitre de gauche … », « Des jeunes juppéistes rejoignent Macron ; Macron sait rassembler », « cosmopolite », le ralliement des ténors socialistes avec E. Macron ;
« l'association de M Bayrou à M. Macron ; bénéfique »