Il n’est plus possible d’envisager un scrutin sans un relais sur les réseaux sociaux et tout particulièrement sur les différents scrutins qui jalonnent l’élection présidentielle. Cette réalité n’est pas spécifique à la France, mais prend une dimension particulière dans un contexte chaotique où tout les codes et règles sont en train d’être challengés et réinventés.
Cet état de fait s’explique par une convergence de 4 besoins auxquels les réseaux sociaux permettent de répondre.

PARLER À TOUS.
Si on veut rassembler il faut parler à tout le monde dans le pays. Pour cela, jusqu'à aujourd’hui, les interviews et passages dans les grands medias (télé, radio et presse) permettaient de le faire en quelques interventions. La chute des audiences et surtout l’éclatement des usages et comportements de consommation d’information par les différentes typologies de cibles rendent le propos beaucoup plus complexe. Il faut désormais communiquer avec une approche de mise à disposition onmicanal, en proposant du contenu à chacun en fonction de ces envies et besoins. Les réseaux sociaux permettent une segmentation des messages et une forte proximité grâce à la prise en compte des besoins de chacun. Une segmentation simple et peu onéreuse puisqu’elle ne consomme que du temps et n’est en réalité qu’une question de reflexes.

PARLER EN DIRECT SANS INTERMEDIAIRE DANS UNE LOGIQUE DE DIALOGUE.
La transformation numérique a modifié de nombreux usages, le principal étant le besoin, voir la nécessité, pour chacun de s’exprimer en direct, de donner son avis, sans filtre. On ne supporte plus de ne pas pouvoir s’exprimer, de ne pas être écouté, de ne pas avoir un moyen direct de donner son avis. Les réseaux sociaux permettent de répondre à ce nouveau besoin, et ce de façon simple, en offrant l’opportunité aux « David » d’enfin pourvoir affronter les « Goliath ». Les entreprises l’ont bien compris avec la mise en place de services client particulièrement performants sur ces espaces. Les politiques commencent à le comprendre. Dans un premier temps ils ont utilisé ces canaux comme un moyen de s’exprimer sans intermédiaire, une tribune directe qui leur assure une certaine visibilité en toute circonstance. Mais cette approche verticale est réductrice et les politiques qui ont compris que c’est aujourd’hui un moyen de dialogue ont une longueur d’avance. Les citoyens souhaitent s’inviter dans le débat, ils interpellent directement les politiques et attendent des réponses.

NE PAS ETRE « POUR » MAIS « AVEC ».
Les scores d’audiences des émissions politiques et le volume des discussions autour des personnalités, des différentes élections et des actualités politiques, montrent clairement que les français sont intéressés et concernés par LA voir LE politique. Ils ont envie de s’engager et ainsi après être passer du CONTRE au POUR, ils veulent désormais être AVEC. Les réseaux sociaux permettent effectivement une nouvelle sorte de militantisme, moins chronophage et mobilisant, tout en étant actif : les « like », « share » et autres actions de relai de la parole d’un candidat ou d’une idée sont à la portée de tous. Cela demande cependant aux candidats et partis politiques d’adapter leur communication à cette pratique. Il faut des idées fortes et tranchantes facilement partageables car les contenus des articles ou tribunes ne sont plus lus. Il faut proposer des approches simples et mettre à disposition du « matériel » adapté comme des infographies, des photos ou des vidéos. Il est également important de proposer des éléments adaptés à chaque réseaux (Facebook, Instagram, twitter, etc.).

L’IMPÉRIEUSE NECESSITÉ DE TRANSPARENCE.
Nul besoin de rappeler à quel point les citoyens ont désormais un besoin impérieux de transparence, et les réseaux sociaux permettent d’y répondre. Il n’est « presque plus » de secret, non seulement parce que le web à une mémoire et que tout un chacun remonte systématiquement cette mémoire à la portée de tous en cas de besoin ! C’est aussi le royaume du fact-checking qui rend impossible toute approximation, voir même mensonge.


Les réseaux sociaux sont une des clés de succès d’une campagne, à ce titre on ne peut pas négliger cette dimension dans le champs d’une analyse politique, au risque de la voir en complet décalage avec la réalité démocratique, ce sur quoi les instituts de sondage sont souvent attaqués. Attention toutefois à ne pas tomber dans l’excès et à attendre de voir sortir d’une analyse des réseaux sociaux le prochain président de la république ! Certains instituts de sondages l’ont bien compris et intègrent désormais notre champ d’expertise dans leurs résultats. Car nous n’avons pas assez de recul pour dire si une stratégie sera bonne ou mauvaise, nous savons juste qu’une stratégie digitale doit être harmonieuse et cohérente avec le candidat et son programme.