Professeure en littérature française à Stanford, chercheuse associée au CEVIPOF, sémioticienne, Cécile Alduy analyse avec finesse les structures des discours des politiques. Dans la perspective de la présidentielle, elle vient de publier un ouvrage majeur, Ce qu'ils disent vraiment. Les politiques pris aux mots (Seuil, 2017). Pour Compol2017, elle revient sur l'étrange campagne présidentielle, les ratés de François Hollande, la novlangue d'Emmanuel Macron, "la gauche" de Jean-Luc Mélenchon...

 

 

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Au vu de cette campagne étonnante, il semblerait qu'on puisse avoir un second tour entre deux candidats, Marine Le Pen et Emmanuel Macron qui ne se situent pas dans le clivage gauche / droite. Dans le lexique politique, ce clivage est-il toujours structurant aujourd'hui ?

Oui le clivage existe toujours et il est particulièrement marqué chez certains candidats comme Benoit Hamon, François Fillon ou Jean-Luc Mélenchon qui sont très ancrés dans leurs camps respectifs. Il y a par contre une nouveauté qui s'observe au cours des années écoulées : la multiplication de candidatures - pas toujours fructueuses d'ailleurs - qui empruntent le vocabulaire du camp adverse. C'était le cas de Manuel Valls, qui pendant sa campagne de la primaire de la gauche, a beaucoup utilisé des termes comme "autorité", "sécurité", qui sont des marqueurs plutôt de droite. C'était le cas aussi d'Alain Juppé. J'avais été surprise de constater par l'analyse lexicographique son usage fréquent des mots "diversité", "vivre ensemble", presque dans les mêmes proportions que quelqu'un comme François Hollande. Ce sont pourtant des mots que l'on retrouve plutôt dans le répertoire des électeurs de gauche.
Le clivage gauche / droite reste pour le reste particulièrement structurant, y compris pour Marine Le Pen, en dépit du slogan "ni gauche ni droite" qu'elle affiche. Elle a d'ailleurs passé ce dernier sous silence dans cette campagne 2017, alors qu’il était bien plus présent en 2012. Quand on analyse son vocabulaire, tous les marqueurs de droite tels que l'autorité, l’ordre, la justice au sens de justice pénale, punitive, le mérite, la famille et bien sûr l'immigration sont suremployés. Ce sont des mots-valeurs surutilisés chez elle, par rapport à une médiane qui serait la moyenne de ce que disent tous les candidats. Donc au-delà de son positionnement affiché comme étant hors clivage, elle a un discours qui reste ancré, du point de vue des valeurs, à droite.

Donc le supposé glissement à gauche de Marine Le Pen ne s'observe pas dans les mots ? Elle n'utilise pas de marqueurs de gauche ?

Il y en a mais ce ne sont pas des mots-clés. Ils relèvent plutôt de petites mesures ponctuelles. Quand on regarde son programme par exemple, celui qu'elle vient de publier, on relève quelques éléments en ce sens. Par exemple la retraite à 60 ans après 40 annuités, par exemple l'augmentation des petites retraites, par exemple le dégel du point d'indice des fonctionnaires ou le maintien des 35 heures. Elle a des mesures qui résonnent à gauche, mais l'armature idéologique reste ancrée non seulement à droite, mais à l'extrême droite. Il faut bien différencier les petits phénomènes de surface, et les grandes tendances de fond sur deux trois ans quand on regarde les constantes, les invariants.

Sans faire la moindre analogie entre les deux, est-ce qu'on retrouve un vocabulaire très distinctif chez quelqu'un comme Jean-Luc Mélenchon ?

Oui, et l'un des premiers marqueurs forts, c'est que "la gauche" est le deuxième substantif le plus utilisé par Jean-Luc Mélenchon. C'est exceptionnel. Pour tous les autres candidats, les mots les plus fréquents sont "France", "Monde", "Pays", "Français", et après viennent "le travail", "les entreprises", etc. Jean-Luc Mélenchon a un discours hyperpolitisé. En fait, au cours des deux dernières années, il a essayé d'accaparer "la" candidature de gauche. Il a passé énormément de temps à renier au gouvernement socialiste l'étiquette "de gauche" et à revendiquer cette étiquette pour lui-même.

Jean-Luc Mélenchon parle plus de "la gauche" que Benoit Hamon ?

Il y a un biais statistique contextuel pour Benoit Hamon, qui empêche pour l'instant la comparaison, c'est que Benoit Hamon a parlé d'abord aux électeurs de la primaire de la gauche. Il a donc par nécessité beaucoup utilisé le mot « gauche », mais aussi le vocabulaire des valeurs de  gauche, comme "l'égalité", "les discriminations", "le social", mot qui n'appartient pratiquement plus au gouvernement de François Hollande, l'écologie aussi… Donc il a réinfusé un vocabulaire classique de la gauche des valeurs.

Y a t-il des lexiques consensuels, partagés pour tous les candidats ?

Il y en a, même s’il convient après de regarder dans le détail pour voir les différences de sens derrière l’usage des mêmes mots. Tous les candidats vont utiliser prioritairement des termes comme "France", "les Français". Tout le monde parle énormément des Français parce qu'on s'adresse à eux en période de campagne. La posture habituelle est même de parler à la place des Français ("les Français en ont assez que…, les Français ont envie que ça change",…). François Hollande par contre a parlé très peu des Français. Il a parlé beaucoup de la France, mais très peu des Français et très peu aux Français. C'est la marque d'une vision très abstraite, à la fois grandiose et désincarnée de la fonction présidentielle

Concernant le langage de Marine Le Pen, dont vous êtes une spécialiste éminente. Vous aviez expliqué en 2015 qu'elle phagocytait la campagne des régionales. D'une manière générale, pensez-vous que la circulation des mots politiques se fait de la droite vers la gauche ?

Oui, c'est le constat que j'ai fait sur le corpus. Un des phénomènes qui l'illustre, c'est le mot "sécurité", autant utilisé par François Hollande qu'Alain Juppé (quand il était encore en lice) ou François Fillon. Même Jean-Luc Mélenchon en parle aujourd'hui énormément. C'est pourtant un mot qui, du temps de Jacques Chirac, était un vocabulaire typiquement de droite et d'extrême droite. Maintenant, à cause du contexte des attentats terroristes, c'est devenu un mot consensuel, il y a très peu de débats sur son importance et ce qu'on fait pour y répondre. Donc est-ce que c'est une droitisation des idées ? Ou est-ce un contexte historique qui impose cette thématique objectivement ?
Après il y a aussi par contre tout un vocabulaire de libéralisme économique qui se diffuse. Tout ce vocabulaire de baisse du cout du travail, d'abaissement des charges, de l'offre, il se retrouve dans les verbatim de François Hollande, de Manuel Valls, d'Emmanuel Macron… des gens qui se situent eux-mêmes à gauche mais qui ont totalement le vocabulaire de la droite pour parler d'économie.
Ce n'est pas le type de droitisation auquel on pense d'habitude. On pense que l'immigration ou l'identité nationale sont devenus des thèmes prégnants. En fait, non. Il n'y a pas vraiment de droitisation du discours des gens de gauche parce qu'ils n'en parlent tout simplement pas. Donc il y a une droitisation médiatique, une surmédiatisation de ces thèmes, mais les politiques parlent en fait surtout d'économie et de politique politicienne (les campagnes, les élections). Mais statistiquement l'immigration et l'identité nationale ne sont pas des sous-thèmes très représentés, sauf chez Marine Le Pen, et un petit peu chez Nicolas Sarkozy. Sur l'ensemble du paysage politique, ce n'est pas un thème dominant. Alors qu'on a l'impression évidemment, quand on va dans un magasin de journaux, que l'islam et l'immigration dominent l’actualité.

Y a t-il un lexique particulier chez Emmanuel Macron ou on est plutôt dans une captation de lexiques venus d'ailleurs, d'un peu des deux côtés ?

Ce qui est prégnant chez Macron, c'est le thème de la liberté, appliqué à tous les domaines de la vie sociale et économique. A la fois un vocabulaire du libéralisme économique, qu'on situerait plutôt à droite, mais en même temps un vocabulaire du libéralisme culturel. C'est le seul qui a cette cohérence globale dans son système de pensée sur le libéralisme : c'est un libéralisme généralisé. Il est libéral, au sens américain et au sens français, ce qui est assez rare.
L'autre chose c'est qu'il a aussi apporté un vocabulaire un peu "new age", compassionnel, affectif, émotionnel sur la nation bienveillante, le bonheur, le fait qu'il faut comprendre, écouter les gens, cette démarche presque de communion avec son public et avec les français. Ca dépasse largement le côté démocratie participative qu'on retrouve chez Hamon par exemple. C'est un discours qui crée une communauté d'émotions, vraiment affective : quand il dit "je vous aime" c'est tout de même assez inattendu et inédit pour un politicien de dire ça.

Vous pensez que c'est le plus novateur aujourd'hui en terme de lexique parmi les candidats centraux ?

Oui parce que les autres candidats continuent à se positionner soit sur des valeurs, soit sur une explication un peu rationnelle de leurs solutions pour les problèmes de la France. Donc un côté soit moral ("les valeurs que je soutiens"), soit pragmatique ("on trouve des solutions à des problèmes concrets"). Alors qu'Emmanuel Macron se situe aussi à un niveau affectif d'entente, d'écoute, de communion et de communication. Et ce n'est pas inintéressant parce que l'un des reproches qu'on a fait à François Hollande c'est d'avoir été incapable d'entendre les Français pendant cinq ans, par exemple avec son histoire de "Ca va mieux" alors que tout le monde galère, et une sorte de décalage permanent entre le ressenti des Français et le discours de François Hollande. Je pense qu'Emmanuel Macron a aussi capté l'attente d'une partie des électeurs d'être entendus. Pas seulement qu'on leur trouve des solutions mais aussi d'être entendus.

Vous expliquez que les hommes politiques racontent des histoires, qu'ils font du story telling, qu'ils ont une trame narrative pour mettre en forme une vision du monde. Ils sont entourés de professionnels dont c'est d'ailleurs la tâche, experts en communication par exemple. Comment expliquer dès lors que malgré cette professionnalisation du récit il y ait un tel décalage entre les discours et les français, une telle désaffection pour la politique ?

Je dirais justement que c'est la professionnalisation de la communication qui fait le décalage. Les Français du quotidien s'expriment avec leurs propres mots sur des choses concrètes, alors que plus c'est professionnalisé, plus le récit politique devient de la fiction. Alors quand c'est fictionnel ça reflète quand même leur opinion sur le monde, mais la réalité concrète, elle, est plus compliquée, elle est plus grise, elle est moins flamboyante, et celle que vivent les Français n’a pas de sens justement. D'un coté on demande aux hommes politiques d'offrir une vision et un sens au monde tel qu'il est et tel qu'il pourrait devenir. Mais plus ça se professionnalise et que le discours se transforme en récits très léchés, sans aucune ouverture sur ce qui peut se passer concrètement dans le quotidien des gens, plus ça semble en décalage avec la réalité telle qu'elle est vécue, qui relève plus de la masse informe de choses qui nous arrivent et qui n'a pas forcément de direction très claire, de sens très clair.

Ca renvoie quelque part à l'idée que les professionnels ne font pas très bien leur boulot

Oui, et c'est pour ça d'ailleurs qu'Emmanuel Macron est tout à fait intéressant comme "phénomène" parce qu'il a compris - même s'il a aussi construit un récit - qu'à un moment donné il faut aussi donner la parole aux gens pour qu'ils expriment leur propre confusion, leurs histoires, etc. Il ne faut pas simplement vendre un produit, ou un programme pour les politiques, il faut aussi être dans le relationnel, le transactionnel parce que sinon ça devient un discours hors-sol.

Est-ce que les réseaux sociaux, les nouveaux médias et leurs formats ("la pensée en 140 signes") changent quelque chose au discours politique ?

Ce n'est pas tellement le lexique mais plutôt la structure du discours qui va en être affecté. Les discours de meetings par exemple sont maintenant formatés pour qu'on puisse en extraire des petites phrases en 140 caractères. Ce n'est pas tant le choix des mots qui change que le découpage des discours en petites unités de sens, percutantes, comme des sortes de citations toutes faites imbriquées dans le discours.

Est-ce que vous pensez qu'il y a des thèmes qui vont s'imposer dans la campagne, dans les deux mois qui nous séparent maintenant du premier tour ?

Ce qui est très bizarre, c'est que pour l'instant on ne sait pas très bien de quoi on va parler dans cette campagne. Il n'y a aucun débat conflictuel qui a émergé, parce que tout le monde est d'abord en train d'essayer de valider sa propre candidature. Ce qui va sans doute émerger c'est le problème de la morale, parce qu'entre le PénélopeGate, les affaires du Front National, Bayrou qui se rallie sous condition de moralisation de la vie publique et le discrédit général de la classe politique, je pense que ça peut émerger comme thématique. Sinon je suis un peu surprise et effarée de constater qu'on ne sait toujours pas quel est le thème dominant de la campagne. Il n'y a que Marine Le Pen qui parle, et en ce moment, elle est elle même en plus obligée de parler de ses affaires judiciaires. Donc plus personne ne parle de fond, à part peut-être Emmanuel Macron. Benoit Hamon va peut être s'y remettre mais ça fait trois semaines qu'il parle essentiellement de ses alliances. Pour l'instant les candidats sont dans des couloirs parallèles, ils ne se parlent pas entre eux.   

Il n'y a pas de campagne en fait

Il n'y a pas de débats. Rien n’a encore émergé.

Concernant Marine Le Pen justement, vous avez montré que la dédiabolisation est loin de se vérifier quand on regarde de près les discours. Comment expliquer que la modernisation des mots ne se traduise pas par une transformation de la vision du monde qu'il y a derrière ?

Parce que ce n'est pas que du narratif chez elle. Il y a bien un récit de la dédiabolisation qui consiste à dire : "je suis arrivé et le Front National a changé". Au-delà de ça, ce qu'elle a fait c'est qu'elle a travaillé très soigneusement les connotations des mots qu'elle utilise. Elle a gardé les idées de son père, mais elle les couche dans un vocabulaire qui est beaucoup plus édulcoré, euphémisé. Quand elle présente ses propres propositions, elle va parler de "priorité nationale" plutôt que de "préférence nationale", elle va faire des allusions aux droits de l'homme alors que Jean-Marie Le Pen parlait de droit-de-lhommisme avec un dédain sans nom. Par contre elle va continuer à exagérer et dramatiser la situation de la France comme son père le faisait. Donc ce n'est pas son récit seul qui provoque la dédiabolisation, ce sont les connotations qu'on ressent à l'écoute de ses discours. Son discours est beaucoup moins anxiogène, beaucoup moins provocateur. Ca ne révulse pas par des idées sous-jacentes qui apparaitraient racistes ou antisémites comme son père. Elle a vraiment lissé le vocabulaire.

Mais elle garde quand même un lexique conflictuel non?

Alors sur certains points qui ne sont conflictuels qu'en apparence, elle peut se permettre d'avoir un discours très ferme, voire violent, sur l'immigration, la crise des réfugiés, l'islam et surtout l'islamisme, parce qu'en fait il est consensuel d’être critique et virulent sur ces thèmes aujourd’hui (elle est même « soft » par rapport à un Zemmour). En France il n'est pas du tout tabou de taper sur l'islam, ce n'est pas perçu pareil que de taper sur la cinquième colonne juive comme le faisait Jean-Marie Le Pen. Marine Le Pen ne va pas vraiment contre des tabous moraux qui la stigmatiseraient. Donc elle garde sa virulence mais sur des sujets où elle a une crédibilité et où les gens sont plutôt d'accord.

Et vous diriez que dans les médias, donc les espaces qui abritent la parole publique, il y a vraiment une libération de la parole sur ces thématiques ?

Vu mon corpus je ne peux que parler à partir de quelques indices, mais j'avais essayé de voir dans mon dernier livre (Ce qu’ils disent vraiment. Les politiques pris aux mots, Seuil 2017) comment le discours de Marine Le Pen était validé par toute une chambre d'échos qui se manifeste par exemple dans la présence médiatique de quelqu'un comme Eric Zemmour, qui a finalement presque plus de pouvoir médiatique qu'elle-même. Zemmour, c'est 500 000 exemplaires vendus pour Le Suicide français, des centaines de milliers de vues de ses vidéos, c'est donc une surface d'impact quotidienne énorme. Et lui est beaucoup plus radical que Marine Le Pen sur l'islam par exemple. Donc cela fait apparaître Marine Le Pen comme modérée en comparaison, preque posée sur ces sujets. Il y a donc effectivement un contexte médiatique qui favorise la diffusion de ses idées.

Je vous pose une dernière question sur François Hollande. Vous avez souvent souligné une forme de dévaluation de la parole présidentielle au vu de ses discours et de ses mots. Comment résumeriez-vous son quinquennat au niveau du discours ?

Il y a une caractéristique majeure chez François Hollande, c'est que son discours est marqué par l'entreprise. C'est le président de l'entreprise. Il parle plus d'entrepreneurs ou d'investissement que n'importe quel autre candidat, y compris Alain Juppé, Nicolas Sarkozy ou François Fillon. C'est le cinquième mot le plus utilisé dans ses discours. C'est déjà assez surprenant comme résultat.
Je pense d'ailleurs que ça a été perçu par les électeurs de gauche qui ont été déçus, et même par les Français en général. Il a été dans un discours d'explication technique de mesures économiques : "on abaisse un levier", "on appuie sur un bouton", "on module un petit truc" pour obtenir des résultats économiques. Il n’a presque jamais donné une vision d'ensemble de "pourquoi on fait cette politique de l’offre", "quels en sont les buts", "quelle est la vision de la société qui motive ces actions ?". Il a été vraiment dans la gestion minutieuse et pointilleuse d'indicateurs économiques extrêmement abstraits et désincarnés qui ne parlent qu'à de toutes petites poignées de gens. C'est d'ailleurs l'un des principaux reproches qui peuvent lui être faits, c'est d'avoir été dans la justification permanente de son action  économique sans faire l'effort de montrer pourquoi on fait ça et quelle est la société qu'on veut créer en faisant ça.

Donc il n'est pas très bon en production de sens pour reprendre vos termes...

Non, sauf dans les moments historiques, les attentats ou les commémorations, soit des moments qui se prêtent par leur nature à la fabrication d’un sens collectif. Il fait de très bons discours de commémorations, pour les 70 ans du débarquement par exemple. Dans ces moments précis il se glisse dans les habits présidentiels et "fait le job". Pour le reste, il n'a pas su communiquer une vision et il s'est perdu dans des chiffres et expressions qui ne veulent rien dire. « L'inversion de la courbe du chômage » par exemple, ça ne veut rien dire au sens propre. Une courbe, c’est un objet mathématique statique, ça ne « s’inverse » pas.